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Entretien avec Geoffrey Coppini

Geoffrey Coppini Après avoir à plusieurs reprises collaboré avec Hubert Colas (Guerre, Face au mur, Avis aux femmes d’Irak), Sonia Chiambretto (12 soeurs slovaques) et Frédéric Schulz-Richard (l’énoxe), Geoffrey Coppini livre avec Seules une création dont il signe à la fois le texte et la mise en scène.
Confrontant la famille (au sens courant) et une autre “famille”, celle du cabaret, il nous invite à une exploration des déchirures intimes et de leur contribution à la construction sociale et identitaire des êtres.

 

 
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Extrait du texte de Seules

Acte IV ­ Passer par derrière
Extérieur

Lady Vamps

Fais attention
DaH
Reste derrière

Tochter

Du maquillage
Une tenue
Réfléchie
Se sentir bien
Tout en sachant
Qui
Elle va provoquer
Un désir
Plus ou moins
De ses propres contours
Ou presque
Pas être sûr
Palpitations étranges
Aller dans un lieu
On le connaît si bien
Va-t-on y rencontrer
Des gens
Des gens qui nous regardent
De face
De côté
De travers

Lady Vamps

Le trop plein
Le fard
Le reflet de nous-même
Acceptable
Peut-être
J’attends d’y être
De paraître
Une
Et plus
Cet homme
Je suis toujours un peu
Seule
J’ai tenté de ne plus l’être
De ne plus sentir
Je suis une honte
Génétique
Je ne suis pas né
Femme
Je suis
Homme
Construit petit à petit
Déconstruit
Au fur et à mesure
Le manque de protubérance torsale
Le trop de protubérance vergeale
Je suis résignée à
Le devenir
Pour que ces vases
Communiquant
Communiquent
Et s’inversent

Le matin au levé
Je ne suis qu’un homme
Qui vient d’ouvrir les yeux
Toujours le même regard sur ce monde
Sans avoir le même corps

Il y a 7 ans
Aujourd’hui
Il y a 7 ans
Que je suis
Elle
Que les hommes
Baisent avec
Sans sourciller d’un quelconque plaisir
Qu’ils pourraient me donner
Un jour

Je ne suis pas plus heureuse
Je te le dis
Je ne suis pas plus heureuse
Avant on se demandait si j’étais homosexuel
Aujourd’hui on se demande si je suis un homme
C’est tout simple
Au fond tout est logique
L’apparence est la science la plus simple
La plus sophistiquée

Tochter

Tes parties génitales

Lady Vamps

Elles le deviennent
Elles font
Peu à peu
Vrai

Le fils

Ce parc
Petit
J’y venais
Jouer
Je ne pensais pas
La nuit
L’activité s’intensifie
Si seulement
Tu te sentais
Si
Tu te considérais

Lady Vamps

Une femme
Ne peut
J’ai toujours rêvé d’être une
Femme
De mettre des talons
Pas seulement
La nuit
Aller dans les magasins
Y croire
Aujourd’hui
Je peux le faire
Je peux mettre ces talons
Ce que tu ne vois pas
Je ne suis pas
Une femme

Aucun homme ne me
Aucun homme
Regarde
Ne me regarde comme une femme
Je ne serai jamais
Je reste un fantasme
Fantasme d’un homme sur le papier
Et d’une femme en apparence

Tochter

Tu as de beaux seins

Lady Vamps

Alors
Touche

Le fils

Comme ça
Je les touche
Comme des vrais
Une femme
Véritable
Je bande sans arrière-pensée

Lady Vamps

La fatalité est acceptée
Entre lumière et fumée
Nous vivons le tragique à fleur de peau
Le charme de la laideur
Voilà ce qu’il faut retenir
Le charme de la beauté
N’existe
Partiellement
Je crois
La beauté reste la beauté
Pas plus loin
La beauté a ses limites
La beauté est la beauté
Seulement
La laideur reste ouverte
Comme la beauté
À tous
Je dirai
La laideur se sublime
Pas la beauté
Soyons convaincus
La laideur devient sexuelle
Parfois
La beauté ne l’est pas
Elle se limite
À elle
Objet simple
De désirs complexes
Ne renvoyant qu’à soi
La laideur
Ne renvoie jamais à soi-même
Enfin
Considère
L’homme laid
Plaît
Car il ne se confond pas
À un désir mal placé

C’est fini

Extrait de texte disponible au format PDF

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